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"Fragments Mécréants", de Daniel Bensaïd.

<Fragments Mécréants>

Editions LIGNES & MANIFESTES, 2005.
[quatrième de couverture:]


Homme de doute opposé à l'homme de foi, le mécréant parie sur les incertitudesdu siècle, sans les rassurantes rigueurs de la règle. Il met une énergie absolue au serice de certitudes relatives. C'est aussi son dilemne. Résister, lutter, ne pas céder à la lassitude ou à la résignation. Brosser l'histoire à rebrousse-poil, inlassablement.

Les Fragments Mécréants que nous donne ici Daniel Bensaïd dessinent des lignes de résistance qui ne cèdent pas à la niaiserie du retour au giron de l'église, de la mosauée, ou de la yeshiva. Ce travail de déniaisement suppose une relance et un approfondissemet de la mécréance, un corps à corps profane avec nos fétiches cachés, une critique implacable du besoin de croire.

Daniel Bensaïd enseigne la philosophie à l'université de Paris-8 Saint-Denis : il milite à la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire). Il a publié récemment: Un monde à changer, Paris, Textuel, 2003; Une lente impatience, Paris, Stock,2004.

"Les trotskysmes", de Daniel Bensaïd.

Editions PUF, Coll. “ Que sais-je ? ”, 2002, 127 p., 6,50 euro.

[critique de Serge Godard: ]

“ Comment rester ‘révolutionnaire sans révolution' ? ” C'est à travers cette question que Daniel Bensaïd appréhende l' “histoire tumultueuse des trotskysmes” dans son dernier livre publié dans une collection grand public à vocation encyclopédique, la collection Que sais-je ?.

Dirigeant et théoricien de la LCR et de la IVe Internationale, Daniel Bensaïd assume pleinement une “ part de subjectivité ” et ne prétend nullement avoir rédigé “ une thèse savante sur les trotskysmes ”.

“ Il s'agit plus modestement, revendique-t-il, de proposer un éclairage et de donner sens aux controverses politiques et théoriques jalonnant cette histoire tourmentée.”

à la différence de la kyrielle d'ouvrages parus récemment sur les trotskystes, Daniel Bensaïd ne relate pas une histoire désincarnée où prévalent les luttes de personnes, une histoire tapageuse où les révélations sensationnelles remplacent l'analyse. Il ne présente pas plus une histoire héroïque, gommant tout ce qui pourrait écorner l'image des héritiers de Trotsky.

Daniel Bensaïd restitue, au contraire, le combat difficile d'une poignée de révolutionnaires pris dans les turbulences de ce “ court XXe Siècle ”, cherchant coûte que coûte à sortir de la marginalité dans laquelle le poids du stalinisme les a enfermés après la Seconde Guerre mondiale.


Daniel Bensaïd; justifie, dès les premières lignes, son choix de parler de trotskysmes au pluriel. “ Si le trotskysme au singulier renvoie à une origine historique commune, le mot a trop servi pour être utilisé sans un prudent pluriel, note-t-il. à partir du bagage programmatique constitué par Trotsky pendant l'entre-deux-guerres, les événements majeurs du siècle ont produit des différenciations telles que ce qui distingue et oppose les différents courants issus du ‘trotskysme' est souvent aussi ou plus important que ce qui les apparente.”

Qu'est-ce qui a nourri ces différenciations ? L'auteur évoque les “ acclimatations culturelles ”, mais la clé tient fondamentalement dans le caractère inédit de la période ouverte en 1944. Les trotskystes sont “ armés d'un héritage précieux mais sans mode d'emploi ” résume Daniel Bensaïd. Les “ hypothèses stratégiques ” émises par Trotsky, et sur lesquelles s'étaient fondés tous les espoirs de révolution dans les pays impérialistes et de renversement de la bureaucratie stalinienne, sortent globalement infirmées de la Seconde Guerre mondiale.

La contre-révolution stalinienne assoit son emprise sur le mouvement ouvrier international et étend sa domination aux pays de l'Est. Le capitalisme entame quant à lui une longue phase d'expansion. La IVe Internationale doit donc faire face à une “ situation imprévue ” ; et elle tarde à en percevoir la nouveauté. Les débats des années 30 avaient déjà suscité de nombreuses scissions. Elles vont se multiplier dans l'après-guerre.


La désunion qui gagne les rangs trotskystes puise ses origines dans ce contexte politique et social défavorable aux révolutionnaires, non dans des rivalités de personnes comme pourrait le faire croire la cristallisation des débats autour de quelques figures emblématiques (Pablo, Mandel, Lambert, Cliff, etc.).

Cette propension des trotskystes à trancher leurs désaccords par la création de nouvelles organisations découlent directement de l'incapacité dans laquelle ils se trouvent de mettre à l'épreuve leurs orientations, défend Daniel Bensaïd. “ Bien des polémiques entre trotskystes peuvent […] apparaître, avec le recul du temps, excessives ou dérisoires.

Leur noyau rationnel fait cependant écho aux grands problèmes de l'époque ” explique-t-il. Et il insiste : “ La disproportion entre l'activité théorique et les possibilités de vérifications pratiques pousse à l'exacerbation des querelles doctrinales et au fétichisme dogmatique de la lettre. ” Il n'y a aucune fatalité à la dispersion des forces. Mais les conditions objectives l'encouragent.

Daniel Bensaïd remarque que “ la faiblesse même de l'organisation fait que chaque composante est soumise à la tentation de mettre en pratique ses idées sans craindre de perdre grand-chose en échange ”.
Cet aspect est accentué par une mauvaise interprétation du constat que fait Trotsky dans le Programme de transition, à savoir que “ La crise historique de l'humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire ”.

Trotsky insiste ici sur la contradiction qui caractérise les années 30 entre la maturité des conditions objectives de la révolution et la présence de directions réformistes à la tête des masses. Il ne s'agit nullement à ses yeux d'une “ généralité atemporelle ”, comme le rappelle Daniel Bensaïd.

A maintes reprises, le fondateur de la IVe Internationale souligne que c'est le caractère pré-révolutionnaire de la situation qui rend d'autant plus urgent de lutter programme contre programme avec les réformistes qui encadrent le prolétariat. En ne prenant pas toute la mesure des changements intervenus après-guerre, les trotskystes survalorisent leurs désaccords programmatiques : “ si des conditions objectives décrétées excellentes n'aboutissent pas à des succès significatifs, il faut en chercher la raison dans les capitulations ou les trahisons de l'avant-garde.

La politique du soupçon, la hantise de la trahison, le procès d'intention systématique produisent alors des effets dévastateurs. ” Et Daniel Bensaïd égrène toutes ces crises qui ont pendant des décennies déchiré les “ tribus ” trotskystes, affaiblissant à chaque fois un peu plus le camp des révolutionnaires.


Quelle est l'actualité du trotskysme dix ans après l'effondrement de l'URSS et du bloc de l'Est ? La collection Que sais-je ? ne se prête évidemment pas à de longs développements sur le bilan et les perspectives des formations se réclamant de Trotsky ; aussi Daniel Bensaïd laisse-t-il ouverte toute une série de questions qui intéressent de nombreux militants, au premier rang desquelles celle de l'unité des révolutionnaires.

La conclusion intitulée fort à propos “ Fin ou suite ” laisse entrevoir néanmoins les termes de l'alternative : “ La séquence dans laquelle s'inscrit l'histoire des trotskysmes s'achève-t-elle avec celle du stalinisme qu'ils ont, les premiers, combattu au nom du marxisme révolutionnaire ? Certains courants issus de ce combat sauront-ils réinvestir leur expérience et leur mémoire dans une situation nouvelle dont les contours émergent à peine? Sauront-ils mobiliser leur expérience pour enrichir les mouvements sociaux renaissants ? Sauront-ils constituer un trait d'union entre ‘déjà plus' et ‘pas encore' ?” L'enjeu est bel et bien de se projeter dans la nouvelle période. La perspective est au regroupement des forces pour féconder le regain de combativité qui s'exprime depuis 1995. Et ce sans préjuger des “ courants issus de ce combat ” à même ou non de participer à la construction du parti des luttes que la chute du stalinisme inscrit à l'ordre du jour.
“ Fin ou suite ” interroge Daniel Bensaïd. Fin et suite, pourrait-on lui répondre. Il s'agit tout à la fois d'en finir avec un passé où l'isolement justifiait la désunion et de poursuivre dans des conditions nouvelles le combat de ces irréductibles qui à contre-courant ont refusé de taire leur critique sur le stalinisme, de mettre entre parenthèse la révolution mondiale.

.../...


"Les trotskysmes" renvoie à une période révolue, une période qui, malgré nos faiblesses, transmet un riche capital politique et humain, indispensable et irremplaçable. L'actualité est précisément de renouer avec le trotskysme, avec le marxisme-révolutionnaire, c'est-à-dire de penser un projet socialiste, communiste, pour le siècle qui s'ouvre.


“ L'effondrement du ‘socialisme réellement inexistant' a libéré la nouvelle génération d'antimodèles qui tétanisaient l'imaginaire et compromettaient l'idée même du communisme. Mais l'alternative à la barbarie du capital ne se dessinera pas sans un bilan sérieux du siècle terrible qui s'est achevé. En ce sens au moins, un certain trotskysme, ou un certain esprit des trotskysmes, n'est pas dépassé. Son héritage sans mode d'emploi est sans doute insuffisant, mais non moins nécessaire pour défaire l'amalgame entre stalinisme et communisme, libérer les vivants du poids des morts, et tourner la page des désillusions."

Serge Godard.


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"Pour la gratuité", de Jean-Louis Sagot-Duvauroux

En septembre 2002, Jean-Louis Sagot-Duvauroux a décidé de diffuser son essai sur la gratuité, épuisé et libre de droits, gratuitement via Internet; Périphéries s' est associé à cette diffusion en le publiant. Vous trouverez donc la version intégrale en ligne ICI. Pour vous mettre l'eau à la bouche, lire la critique intelligente (comme toujours!) de Mona Chollet ICI


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"Secrets de famille", de Edwy Plenel

L'actuel rédac'chef du Monde à été trostkyste. L'actuel premier ministre lui aussi a appartenu à une autre organisation se revendiquant du trotskysme. Des années après, l'un assume, l'autre, pas. Son texte montre pourquoi il ne s'agit pas seulement d'une question d'ambitions personnelles.Une lecture conseillée pour faire la différence entre le trotskysme de l'un et le lambertisme de l'autre.


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"Confessions d'un voleur", de Laurent Chemla.

éditions DENOEL, 2002.

Il est bien rare de trouver quelqu'un qui sache vraiment de quoi il parle s'agissant de l'Internet. Pratiquant et praticien de la première heure, et même, d'un peu avant l'heure, Laurent Chemla connaît son sujet de fond en comble.Des réflexions lucides, souvent désabusées, mais toujours nourries par l'expérience. Vous trouverez ses bonnes feuilles ICI.


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